Le terme « pandémie » est un terme terrifiant qui évoque de sombres images de fléau et de maladie accablante. L’Organisation mondiale de la santé a décidé d’élever le niveau d’alerte à la pandémie pour le virus de la grippe A(H1N1) (virus de la grippe porcine) à la phase 6, une décision qui suscite une vive inquiétude au sein de la population canadienne, y compris chez les personnes atteintes de SP. La phase 6 d’alerte à la pandémie signifie tout simplement que la maladie en question se propage facilement et qu'elle risque de toucher un grand nombre de personnes. Autrement dit, le terme « pandémie » NE fait PAS référence à la gravité de la maladie, il rend simplement compte de la vitesse de propagation de celle-ci et du nombre de personnes malades.
On estime que 11 millions de personnes tout au plus pourraient attraper la grippe A(H1N1) au Canada. La bonne nouvelle, c’est qu’elle provoquera les mêmes symptômes que la grippe saisonnière (maux de tête, irritation de la gorge, fièvre, fatigue et toux) chez la majorité d’entre elles, et que ces symptômes disparaîtront d’eux-mêmes en l’espace d’une ou de deux semaines.
Au Canada, on dénombre chaque année quelque 4000 décès attribuables à la grippe. Il convient de noter cependant que ces décès ne représentent qu’un faible pourcentage du nombre total de cas de grippe enregistrés. Vous savez quelles mesures prendre pour vous prémunir, vous et vos proches, contre la grippe saisonnière; il suffit de prendre exactement les mêmes précautions contre la grippe A(H1N1).
De toute évidence, l’objectif principal, c’est d’éviter d'attraper la grippe A(H1N1). Il a été établi qu'une personne qui a contracté le virus H1N1 est contagieuse durant les 24 heures qui précèdent l’apparition des symptômes et durant les sept jours suivants. Autrement dit, le risque de contagion est très élevé, même lorsque l’on se montre vigilant. En fait, vous pourriez transmettre ce virus à quelqu’un d’autre sans même savoir que vous en êtes porteur!
La meilleure façon de limiter la contagion, c’est de se laver les mains fréquemment et soigneusement. Il est également conseillé de dormir suffisamment, d’éviter tout contact avec les personnes malades (notamment, de leur serrer la main ou de les embrasser), d’éviter autant que faire se peut les foules, et de prendre un vaccin contre la grippe si possible. En l’occurrence, vous devrez prendre un vaccin contre le virus H1N1, puisque le vaccin antigrippal standard ne vous protègera probablement pas contre ce virus. Santé Canada prévoit disposer de suffisamment de vaccins contre la grippe A(H1N1) pour l’ensemble de la population canadienne d’ici au début de novembre. Pour de plus amples détails sur ce vaccin et son lancement, veuillez consulter le site de Santé Canada à l’adresse :
Nombreuses sont les personnes atteintes de SP qui se demandent si les vaccins, notamment les vaccins antigrippaux, sont sans danger, car on a longtemps pensé que la vaccination pouvait déclencher une poussée de SP. Le Dr Paul O’Connor, le conseiller scientifique et clinique de la Société canadienne de la SP, estime que les vaccins, y compris les vaccins antigrippaux, sont sans danger et que leur emploi est généralement recommandé en présence de SP; il conseille toutefois de consulter un médecin au préalable.
Si vous attrapez la grippe, malgré toutes les précautions que vous avez prises, il faut absolument que vous RESTIEZ À LA MAISON. Vous serez contagieux au cours des sept jours qui suivent l'apparition des symptômes, au moins. Rappelons que le traitement usuel de la grippe consiste à se reposer, à consommer beaucoup de liquide pour faire tomber la fièvre et à prendre des médicaments en vente libre pour soulager les autres symptômes. Il semble que deux médicaments sur ordonnance, Tamiflu (oseltamivir) et Relenza (zanamavir), peuvent combattre le virus H1N1. Ils peuvent être utilisés pour traiter les cas graves de grippe A(H1N1), à condition que le traitement soit amorcé dans les deux jours qui suivent l’apparition des symptômes. Si les symptômes sont bénins et qu'ils semblent disparaître d’eux-mêmes, il est inutile de les traiter. Il est à noter que le virus de la grippe A(H1N1) est résistant à l’amantadine.
Les personnes atteintes de SP doivent prendre garde en cas d’infection. Si vous soupçonnez que vous avez la grippe A(H1N1), appelez votre médecin de famille. Il ne voudra probablement pas vous ausculter, mais vous demandera de le tenir au courant de l’évolution de la grippe.
Toute infection, qu’il s’agisse d’une infection urinaire, d’un simple rhume ou de la grippe, peut aggraver les symptômes de la SP, voire déclencher de nouveaux symptômes. On parle alors de « pseudo-poussée » de SP. Plus précisément, une pseudo-poussée correspond à une aggravation des symptômes neurologiques de la SP imputable à une augmentation de la température corporelle (fièvre) ou de la température ambiante, ou au stress (physique ou psychologique), qui s’estompe ou qui disparaît rapidement dès que la température redescend ou que l’on supprime les facteurs de stress. Les pseudo-poussées peuvent être terrifiantes et perturber considérablement les activités de la vie quotidienne, puisqu’elles peuvent notamment accroître la fatigue ou les troubles de l’équilibre. Il peut être utile d’appliquer un linge frais sur la peau, de consommer des boissons glacées ou de prendre un AINS (Tylenol, aspirine ou ibuprofène – à condition bien sûr d’avoir eu le feu vert du médecin) pour faire tomber la fièvre et faire régresser d’éventuels changements neurologiques.
Nous sommes tous tenus de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter de contracter le virus de la grippe A(H1N1) et pour limiter sa propagation.